La NBA Academy au Sénégal, une opportunité aux talents africains

la NBA en Afrique

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Après la Chine, l’Inde et l’Australie, la Ligue nord-américaine de basket (NBA) a inauguré jeudi 4 mai à Thiès, au Sénégal, son premier centre de formation sur le continent africain, en partenariat avec Seed Academy, qui a notamment formé l’international sénégalais de Minnesota Timberwolves Gorgui Sy Dieng. Vice-président de la NBA en charge de l’Afrique, Amadou Gallo Fall détaille les contours de la NBA Academy Africa pour RFI.

RFI: La NBA a décidé d’installer en Afrique une académie de basket en partenariat avec la fondation Seed Academy. Pourquoi le choix du Sénégal ?

Amadou Gallo Fall: Lorsque nous avons ouvert nos bureaux NBA Afrique à Johannesburg en 2010, le Sénégal faisait partie d’un des 5 pays prioritaires avec le Nigeria, le Kenya, l’Angola et l’Afrique du sud. Le Sénégal a une longue histoire avec la NBA, une tradition en basket-ball. Il y a une dizaine de jeunes talents qui ont joué en NBA et ceci même avant la création de Seed Academy. Nous avons trouvé en Seed un partenaire sur le terrain avec qui on partage cette approche en termes de développement de la jeunesse en utilisant le basket comme moyen. NBA Academy Africa fait partie d’un réseau de centres de formation d’élite que la NBA a commencé à dérouler depuis octobre 2016 avec trois académies : en Chine, en Inde et en Australie.

Ces académies sont lancées avec des partenaires de la place ayant une expertise en la matière. C’est la raison pour laquelle le choix de Seed était naturel parce que nous avons eu à travailler avec eux. Le partenaire idéal étant sur place, le Sénégal ayant une forte tradition de basket et puis Dakar ayant une position géographique idéale comme carrefour, cela nous a convaincu d’installer l’Académie ici.

Cette Académie va intégrer de jeunes joueurs africains. Quel sera le cursus par lequel passera un jeune pour espérer se retrouver un jour en NBA ?

D’abord l’une des raisons de la création de cette Académie, c’est que jusqu’ici, il n’y avait pas de parcours ou de cursus défini. Il y a énormément de joueurs africains qui ont évolué en NBA en se faisant tout seul comme Dikembe Mutombo (joueur congolais qui évolué en NBA de 1991 à 2009, ndlr) ou Hakeem Olajuwon (Américano-nigérian qui a joué en NBA de 1984 à 2002, ndlr). Les meilleurs sont tombés dans le basket presque par hasard et on a vu la carrière qu’ils ont eue. Vous imaginez si on arrive à donner une opportunité aux jeunes dès l’enfance ? L’idée est de créer un environnement idéal avec des infrastructures qui n’auront rien à envier avec ce qui se passe partout dans le monde.

On a engagé des formateurs de niveau mondial. Nous allons les accompagner en termes de soins médicaux, de préparation physique. Autant de structures, de conditions qui vont permettre aux talents d’éclore. Des jeunes vont être identifiés à travers un réseau de scouts que l’on va déployer sur tout le continent. Ceux qui sont méritants, qui répondent aux critères de sélection vont avoir une bourse leur permettant d’intégrer l’académie. Ils iront à l’école et ils vont s’entraîner sur un programme rigoureux adapté. Au bout du compte, nous savons que tout le monde n’ira pas en NBA, mais en alliant les études avec le sport, il y aura également l’opportunité d’intégrer des universités.

Quelle est la prochaine étape après l’Académie pour un joueur qui sort du lot ?

Dans le dispositif de cette Académie, il y a une Académie mondiale qui se trouve en Australie ouverte en partenariat avec l’Australian Academy de sport. C’est là-bas d’où sont issus la plupart des joueurs australiens. Alors, les tops joueurs de tous ces académies, on veut les regrouper en Australie. Ils vont continuer à jouer pour acquérir de l’expérience. Ensuite, il y a le processus de la draft à 19 ans. Ils vont voyager, être en compétition avec des jeunes de leur âge que cela soit en Amérique, en France ou en Espagne.

Quelle est la suite maintenant que l’Académie est lancée ?

Nous allons finir les salles dans les prochaines semaines et puis nous comptons avoir les jeunes dès la rentrée scolaire. Il y a beaucoup de travail qui a été fait. Nous avions fait en décembre 2016 des tests avec des jeunes qui étaient venus un peu partout du Sénégal. On a fait la même chose au début du mois de mai avec 20 jeunes issus de 11 pays. Nous avons déjà repéré quelques jeunes très intéressants. Nous sommes dans le processus de finaliser ce recrutement. Les entraineurs sont déjà sur place, les infrastructures sont en train d’être mises en place, et là nous préparons la rentrée scolaire.

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